Depuis l'année universitaire 2023-2024, les étudiants de sixième année de médecine sont évalués non seulement sur leurs connaissances mais également sur leur capacité à agir en milieu professionnel : les ECOS (examen clinique objectifs structurés). Une mission parlementaire vient d'effectuer un premier bilan de mise en œuvre.
Depuis l’année universitaire 2023-2024, les étudiants en 6éme année de médecine préparant l’internat doivent passer les ECOS : simulations de consultations réelles. Au cours de ces séances d'évaluation, le candidat doit démontrer ses aptitudes face à des patients standardisés dans un environnement médical reconstitué.
Concrètement, les ECOS nationaux se déroulent lors d’une session unique de deux jours et chaque étudiant devant affronter dix stations, réparties en cinq stations consécutives par jour. On peut imaginer la mobilisation que cela représente pour les praticiens et les personnels des services universitaires, ces examens ayant lieu dans toute la France à la même date. À titre d’illustration, 157 580 grilles de notation ont été collectées pendant les 2 jours d’épreuve, lors du premier examen nouvelle formule en 2024.
Introduction de notes minimales
Dans le cadre de cette réforme, le calendrier des examens a été profondément bouleversé. Les étudiants de 6ème année passent les examens d'évaluation de leurs connaissance - EDN (examens dématérialisés nationaux)- dès l'automne (du 20 au 23 octobre en 2025). Le temps ensuite pour les étudiants de préparer les ECOS qui se déroulent au printemps suivant.
Suite à cette réforme, des notes minimales ont été introduites qui conditionnent l’accès à l’internat. Seuls les étudiants qui atteignent le seuil minimal de 14/20 aux connaissances dites de rang A à l'une des sessions participent aux ECOS. Conséquences, 2 à 300 étudiants ont l’obligation de redoubler ou de se réorienter vers d’autres formations chaque année. Ces redoublements existaient auparavant, mais il s’agissait d’étudiants souhaitant améliorer leur classement à l’Examen classant national (ECN) et l’introduction de ces notes minimales a gonflé leur effectif.
Enfin, le classement final des étudiants et leur choix de la spécialité et du lieu d’internat s’effectue selon une procédure dite « d'appariement » qui, elle aussi, a été entièrement revue, avec désormais 13 classements différents, prenant en compte les points de parcours, les engagements de l'étudiant, et ses mobilités nationales.
Deux ans après sa mise en œuvre, la réforme du concours de l'internat "constitue d'ores et déjà un progrès pour les étudiants en médecine et, à terme, pour la qualité et la sécurité des soins", a assuré, mardi 18 novembre, le député Jean-François Rousset, lors de la présentation de la mission flash qu’il a conduit. « Engagée en 2023, la refonte du concours de l'internat a atteint une majorité de ses objectifs », selon ses conclusions, tout en soulignant des "voies d'amélioration" possibles. Manque dans ce retour d'expérience le ressenti des étudiants confrontés au cours de leur parcours à de multiples réformes des études médicales.
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La mission parlementaire chargée d’évaluer les effets de la réforme du 3e cycle parle des Ecos comme d’un « progrès pour la qualité et la sécurité des soins. » Pourtant, plusieurs étudiants ont témoigné de leur ressenti négatif vis-à-vis de cette épreuve orale. Pr Damien Roux, président du Conseil scientifique en Médecine du CNCI, fait un point : pourquoi ces Ecos sont-ils essentiels ? Et que faudrait-il améliorer ?
François Tuffreau, publié le 8 décembre 2025