Dans son analyse prospective qui vient de paraître, la Haute autorité de santé a pris pour modèle le Centre australien de partenariat pour la prévention qui promeut une approche systémique de la prévention des maladies chroniques, réunissant effecteurs des interventions, effecteurs de l’évaluation et financeurs.
« Le fondement des politiques de prévention sur des preuves scientifiques, inspiré des évolutions engagées depuis les années 1970 dans le domaine clinique, est encore peu structuré en France, et mobilise de façon insuffisante des analyses d’efficience », soulignait l’Inspection générale dans un rapport publié fin 2024. Et pourtant les initiatives se multiplient sur le terrain ; répertoire des actions probantes « ReperPrev » de Santé publique France, centre de ressources et de preuves de la CNSA, réflexions menées par la Fédération promo-santé …
Thématique phare de son projet stratégique 2025-2030, la prévention est le sujet de la nouvelle analyse prospective du système de santé, adressée par la Haute Autorité de santé (HAS) au Gouvernement et au Parlement. Dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires, la HAS appelle, à son tour, à renforcer l’éclairage des décideurs par des données probantes pour leur permettre d’apprécier la pertinence des interventions de prévention et de promotion de la santé et donc les bénéfices attendus pour la population.
La HAS prend pour modèle le Centre australien de partenariat pour la prévention
Dans son analyse, la HAS a pris pour modèle le Centre australien de partenariat pour la prévention, créé en 2013 afin de renforcer la prévention des maladies chroniques et d’améliorer la disponibilité et la pertinence des données probantes utiles aux politiques publiques. L’originalité de ce centre est qu’il « promeut une approche systémique de la prévention des maladies chroniques, réunissant effecteurs des interventions, effecteurs de l’évaluation et financeurs pour identifier les besoins, les questions prioritaires et les données probantes déjà disponibles ».
La HAS a repris cette idée à son compte et propose la création d’un espace de dialogue et d’intermédiation autour des données probantes en Prévention-promotion de la santé (PPS). Cette instance aurait « vocation à rassembler l’ensemble des parties prenantes concernées par une intervention (effecteurs de l’intervention, effecteurs de l’évaluation, financeurs, décideurs) afin de favoriser une compréhension partagée de l’évaluation, de discuter collectivement des attentes à l’égard des résultats et de leurs potentielles limites ».
L'assurance maladie aussi ...
La HAS n’est pas la seule à se préoccuper de ces questions. L’Assurance maladie (AM) qui est à la fois une des principales sources de financement de la prévention en France, tout en menant elle-même des actions de prévention, propose d’installer « une gouvernance de la prévention en santé permettant la coordination nationale et locale des financeurs et acteurs mobilisés en faveur de la prévention sur la base des priorités de santé publique définies par l’Etat » dans son rapport Charges et produits 2026.
Mais si réunir effecteurs des interventions, de l’évaluation et financeurs peut faire consensus, « la création d’une nouvelle instance est à écarter d’emblée », reconnait la HAS, en pleine période de disette budgétaire. Il faut espérer toutefois que le bouillonnement d'initiatives actuel permette de déboucher sur un projet concret au cours des prochaines années ! Le virage préventif nécessite la mobilisation coordonnée de tous les acteurs !
publié le 11 décembre 2025